Signification rêve

Pervers et empathie

La perversité est un exemple de comportement qui montre une régression ou un blocage de l’évolution psychique à un stade primaire du développement.

Ainsi, on retrouve dans le comportement de l’enfant et son évolution durant les premières années de sa vie les bases de traits de caractère qui surprennent dans l’attitude d’un adulte, ou dans ses rêves.

Définition du pervers

Le pervers est celui dont une partie du développement psychique est resté bloqué à l’époque narcissique.

C’est pourquoi Freud disait : on ne devient pas pervers, on le reste.

Le pervers est seul contre son plaisir. Il n’a pas la représentation du temps qui lui permet d’anticiper ce qu’il va provoquer, les conséquences de ses actes immédiats sur l’autre.

Au nom de sa propre jouissance, il est prêt à agir sur l’autre, sans aucune connaissance, sans aucun accès aux blessures qu’il provoquera chez l’autre. Ce passage du présent au futur (dans la phrase précédente) représente l’incapacité psychique du pervers.

L’autre n’existe pas comme un être possédant son propre narcissisme, et donc que l’on peut blesser, l’autre n’existe plus, le pervers est seul, avec son besoin de jouissance.

Seul contre mon plaisir, disait Lacan, indépendamment du prix que cela coûte à l’autre.

Empathie

Jusqu’à l’age de 4 ans, un enfant n’est pas capable de se décentrer, de se représenter le monde mental de l’autre. Deux sujets ne voient pas le monde de la même façon, nos perceptions dépendant à la fois :
- de nos perceptions (uniques),
- de notre représentation de ces perceptions (de nos images intérieures, de la façon dont on interprète nos ressentis, et donc de notre passé, puisque toute perception actuelle est comparée aux perceptions semblables antérieurement ressenties pour être comparée et intégrée).

Seul un psychisme évolué peut comprendre cela et être sensible au monde de l’autre, et donc capable de respecter l’intégrité de l’autre. Pour cela, l’environnement de l’enfant aura dû être suffisamment sécurisant et enveloppant.

Cette empathie se développe grâce :
- aux petites frustrations,
- aux explications données pour expliquer ces frustrations.
Par exemple, un biberon en retard, mais dont le retard est expliqué, permet de développer cette capacité de s’ouvrir au monde de l’autre et à ses contraintes. Dans ce besoin d’explication se forge l’importance du langage pour le développement psychique de l’enfant, et dans la structuration de son psychisme.

La pulsion d’emprise

Serge Tisseron a beaucoup travaillé sur l’empathie. Mais j’utilise ses écrits pour dire la pulsion d’emprise, et comment elle se transmet finalement d’une génération à l’autre. Il est en effet très fréquent d’observer dans les rêves cette pulsion, matérialisée par des scènes où le corps est bloqué, ou un autre personnage du rêve est immobilisé...

Le bébé nait prématuré. En conséquence, il se découvre en même temps qu’il découvre l’autre, dans un même mouvement dont découle/autorisé par l’empathie.

Cette découverte se fait avec un grand plaisir (la joie d’un enfant qui découvre le monde !). Mais elle génère également de fortes angoisses :
- peur d’être manipulé par l’autre (peur que l’on retrouve souvent chez ceux qui voient des pervers narcissiques partout autour d’eux),
- peur d’être aliéné par lui dans sa liberté et son désir (tous les rêves de prison peuvent trouver ici leur origine),
- peur d’être absorbé à l’intérieur de l’autre et de cesser d’exister pour soi.

Aussi, en raison de ce risque d’emprise de l’adulte sur l’enfant, ce dernier va ressentir un désir d’emprise, comme réponse à son inquiétude. L’attaque est en effet la meilleure de défenses ! C’est ainsi que le désir (inconscient) d’emprise d’une mère sur son enfant va souvent générer ce même désir chez l’enfant, en compensation, désir que l’on retrouvera dans sa relation aux autres, et dans ses rêves...




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