Signification rêve

Abandon et séparation en rêve

On lit trop jeunes Le Petit Poucet. D’un autre côté, la peur d’être abandonné ne se découvre pas dans les livres, elle existe bien avant l’écriture, la lecture, le temps des histoires et des rêves. L’angoisse d’abandon est finalement inhérente à l’Homme, à la relation qui existe entre tout enfant et sa mère, entre tout être et son entourage.

Rêves d’abandon chez un enfant

Chez les enfants le cauchemar sert à imaginer des situations extrêmes, l’abandon par ses parents, une solitude définitive, être emporté par des voleurs durant le sommeil... Le cauchemar est alors un moyen d’exploration des limites de la réalité plus que le révélateur d’angoisses réelles.

Chez les adultes, il y a parfois cette même impression : durant une période où tout va pour le mieux, une relation parfaitement heureuse avec ses proches, un accomplissement personnel certain dans sa vie professionnelle, une maîtrise de son existence presque surprenante, tout à coup un cauchemar vient tout remettre en cause. Ce cauchemar trouvera certainement d’autres explications, mais il peut aussi trouver pour origine le besoin inconscient d’imaginer le pire, et ce d’autant plus que le bonheur semble devenir réalité.

Rêver d’être abandonné par son conjoint quand tout va bien, n’est-ce pas un moyen de réaliser à quel point cette relation a une importance extrême, et qu’il faut continuer à la vivre intensément. Comme durant une enfance heureuse, l’adulte épanoui et se sentant chanceux dans son existence a plus de chances que les autres d’imaginer le pire en rêve.

Scénarios de rêves d’abandon

Se sentir abandonné peut donc prendre la forme d’une séparation : séparation amoureuse, fin d’une amitié. Par exemple, un homme rêve que sa femme l’a abandonné, elle a décidé de rompre, c’est définitif et le rêveur commence à échafauder une nouvelle vie en réponse à cette situation, il visualise toute l’étendue de sa solitude et commence à regretter des événements de sa vie passée. Au moment du réveil, c’est presque une surprise de se rendre compte que tout cela n’était qu’un cauchemar !

"Il visualise sa solitude" : dans un cauchemar publié sur ce site la rêveuse n’entend plus ses collègues de travail, certains parlent au téléphone mais elle ne parvient pas à saisir un seul mot échangé, personne ne la voit, elle a l’impression de ne plus exister. D’avoir été abandonnée en quelque sorte...

Un autre rêve classique montre le rêveur dénudé, parfois totalement, mais personne ne le remarque. Nu comme un nourrisson et personne pour nous voir ! L’angoisse d’abandon maternel encore une fois, de la même façon que dans l’exemple ci-dessus, l’homme qui a rêvé que sa mère le quittait, enfin sa femme je veux dire...

On crie, et personne ne nous entend, on se montre inhabituellement extraverti, et personne ne nous regarde, cette solitude est le résultat de notre abandon, elle est l’image de notre angoisse.

Abandonner les autres

Une femme abandonne son enfant, son cauchemar la terrorise, elle culpabilise. Et pourtant, c’est sa propre angoisse d’abandon qui s’est exprimée. Abandonner les autres, c’est craindre d’être abandonné. C’est d’ailleurs le moteur du scénario du roman "L’Île au trésor" de Stevenson. Le héros, un enfant, ne cesse des prendre des risques insensés et d’abandonner le groupe d’adultes qui l’a recueilli, passant d’un groupe à un autre, des gentils aux méchants, des méchants aux gentils, revivant perpétuellement son angoisse d’abandon (son père est mort, il a dû quitter sa mère).

Quitter son mari, son concubin, son ami, c’est craindre qu’il ne nous quitte. Et le jeu des projections engendre alors des relations d’une complexité vertigineuse où se perd l’inconscient dans des cauchemars qui permettent finalement de s’interroger sur l’origine de cette angoisse d’abandon et ses conséquences sur notre personnalité.

Origines de l’angoisse d’abandon

La peur d’abandon peut trouver dans l’enfance des raisons matérielles précises : un évènement précis a été vécu comme un abandon par l’enfant, ce traumatisme a engendré une angoisse qui a influencé son développement psychologique et le résultat de cette personnalité angoissée se retrouve dans sa façon d’être, dans sa relation aux autres, et s’exprime dans des rêves d’abandon durant le sommeil.

Pour toute mère, ce propos est fortement culpabilisant : comment éviter de créer une telle angoisse chez son enfant ? La réponse est impossible car cette angoisse ne peut pas être étrangère à l’enfant. Jusqu’à l’âge de quelques mois, celui ne peut d’ailleurs pas concevoir son existence physique distinctement de celle de sa mère. Ils forment un tout. Grandir, c’est se séparer de sa mère, de son père, c’est accéder à son individualité, et ce chemin est évidemment angoissant. Or l’enfant peut réaliser la difficulté de cette tache par des évènements insignifiants, une mère qui va faire des courses, qui reprend le travail, qui embrasse son mari... des gestes du quotidien, qui font partie de la vie de l’adulte et maintenant de son enfant.

En revanche, il faut apprendre à gérer ses angoisses et repérer le comportement que ces angoisses auraient pu développer en nous.

Conséquences de l’angoisse d’abandon

Puisqu’on sera toujours abandonné, autant ne s’engager dans aucune relation. Éviter maintenant plutôt que de subir plus tard. La logique est évidente, mais totalement tronquée. Un écart de plus en plus grand entre la personnalité réelle, libre de toute angoisse, et le quotidien peut alors apparaître dans les rêves.

A l’inverse, devant le risque d’abandon, multiplier les amitiés, les conquêtes amoureuses, les relations de travail... est une autre solution. Gérer plusieurs relations amoureuses simultanément, toujours d’assurer d’une épaule pour se reposer, sur l’autre, jamais sur soi-même ! Car il faut éviter la solitude, l’inaction, en permanence combler le vide de cette angoisse d’abandon que l’inconscient dévoile durant le rêve.

Dans tous les cas, cette angoisse génère un sentiment d’infériorité car l’individu sent un manque profond en lui et qu’il imagine chez les autres une plénitude qu’il ne peut atteindre. Extraverti, original, bavard, énergique, il sera à l’inverse attiré par des personnalités solides, mesurées, comme les rosiers sauvages poussent naturellement au pied des grands chênes.

Autre conséquence potentielle d’une peur de l’abandon : un mal-être qui génère un rejet d’autrui, une solitude organisée. Or comment rejeter les personnes de son entourage (une famille, des collègues...). Par un comportement désagréable, une tendance à vouloir faire supporter aux autres ses propres angoisses, à les transmettre dans l’espoir de s’en débarrasser.



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