Signification rêve

Un rendez vous manqué, un passage reussi ?

Je voudrais raconter la fin de ce rêve de cet après midi.

"... Je décide de partir au canada. j’emmène mon fils avec moi et ma cousine nous accompagne.

Sur place je sais que j’ai prévenu Daniel (un ex très aimé et très aimant) que j’étais là, pour le revoir, au bord d’un littoral (pourtant il n’y a pas la mère à Montreal)

Puis je suis dans un magasin, je dois acheter quelque chose, je ne me souviens plus quoi. Je prend entre les mains différents objets dont des crayons de couleurs, pour faire du coloriage, j’hésite... puis renonce, car j’avais plutôt envie de fusains de craies de couleurs, et puis je ne suis pas certaine d’avoir assez d’argent sur moi

Je me retrouve dans cet appartement, une chambre un lit, et là c’est vague et confus je ne sais pas trop ce que j’y fais, je fais du sur place je crois c’est à dire que dans le rêve, je laisse le temps s’écouler....en faisant des choses insignifiantes.

Soudain, je cherche ma cousine et mon fils, car je crois avoir raté le rendez vous avec Daniel. Ils me disent alors que eux l’ont vu !!! (pourquoi ne m’ont ils pas reveillé ?!) J’ai une mauvaise pensée envers ma cousine qui est distante, peu affective, je pense que oui bien sur qu’elle l’a vu, pour des raisons obscures..

Je demande le numéro de téléphone de Daniel car je ne l’ai pas, pour l’appeler et m’excuser (reprendre rdv ?). Rafi soupire car je le dérange, il est avec des copains... Je ne sais plus si on me le donne, et je ne me souviens pas d’avoir rappeler Daniel.

Puis nous sommes tous les trois tout en haut d’une colline montagneuse. Comme un départ de "toboggan" aquatique naturel nous sommes immergés jusqu’au cou à l’orée d’une grotte de roches, d’ou jaillit l’eau d’une source derrière nous, nous baignons avec plaisir dans cette eau sauvage, fraiche, joyeuse, elle s’écoule en pente douce, en une longue cascade, sans éclaboussures juste un flot lumineux continue, ample, comme une grande vaque portée par la marée et d’un bleu clair transparent entre de grands arbres aux cimes immenses, en fait nous sommes dans une immense foret. Il y a tout un esprit là impossible à décrire avec des mots... Je me laisse porter doucement par cette eau fraiche qui se déplace lentement entre les grands arbres et dans laquelle tout mon corps baigne, quelle sensation... je me sens en mouvement grâce à elle...mon corps épouse ses mouvements c’est délicieux, c’est elle qui me porte et je me laisse emporter. Il me semble que le haut du cordon d’eau est relié au bas bien que nous descendions, c’est très curieux car l’eau ne se jette pas elle circule.

C’est un moment à la fois sauvage, pur et merveilleux, les couleurs bleu, vert, marron- sequoia des arbres si magnifique, l’air est si pur !, que je m’exclame et leur dit "regardez comme c’est beau, ça valait le voyage jusqu’au Canada" ou quelque chose comme ça.

Je n’ai pas rencontré ma mère (oui j’ai bien ecrit mère) Daniel, mais j’ai rencontré la Mère Nature et plus encore mais quoi ? dans lequel nous nous baignons tous les trois. Ce bain est comme purificateur... Je me suis sentie dans un monde, un espace nouveau et inconnu... aucune crainte, ni peur, juste le bonheur et le plaisir du moment et un sentiment de grande liberté.

Il est à noter que j’ai rencontré Daniel à peine trois mois après le decès de ma mère, il y a 16 ans. Je ne me suis jamais autant sentie aimé, et surtout désirée, que par cet homme dans toute mon existence. Lors de mes visites à Montreal, Daniel m’avait emmené dans les territoires silencieux du grand nord, precisement tout en haut d’une haute colline, sur la crete dont on pouvait faire le tour, il m’avait montre sur le versant Sud la civilisation et sur son versant Nord, une foret s’étendait à perte de vue. Je me souviens de ce qu’il m’avait dit "tu vois, à partir de là, il n’y a plus ame qui vive jusqu’au Pole Nord", un moment inoubliable par ses résonances, pour la citadine que je suis.

Vous parlez dans l’un de vos recents commentaires, du "masculin" de ma mère. Je me souviens de m’être fait la réflexion suivante il y a 2 ou 3 ans : "mon père, c’était ma mère". Et le père de ma mère, lui, a regretté d’avoir eu une fille au lieu d’un garçon, lorsqu’elle est née. Sujet sur lequel elle s’est épanchée toute sa vie

Il me semble que ce reve expose une projection, causée par une représentation interne defaillante du "père et de la mère", mais aussi par l’absence du désir maternel que la petite fille, le nourrisson meme a vecu, les abandons des deux parents ; la recherche du DESIR maternel, nourriture sacrée, mais auprès d’un "homme". Il éclaire cette projection, et le processus par lequel dans la chambre j’y mets un terme, tout au moins je le crois, en laissant le temps s’écouler (de manière inconsciente dans le rêve, un double recul, puisque je me vois agir sans vraiment savoir ce que je fais) jusqu’à rater le rendez vous avec Daniel, but de mon voyage, tandis que ma cousine (personnage plutot "masculin" qui représente peut etre une part d’ ombre et mon fils qui représente je ne sais pas quoi, continue eux de se leurrer... Mais l’instance dominante, qui l’emporte, c’est "moi", celle qui voit et comprend le jeu des personnages et le sens du message reçu. Et qui entraine de fait les deux autres instances avec elle dans une transformation intérieure symbolisée par la descente dans l’eau de la foret (je me plais à le croire).

L’analyse du dernier volet , y sont presents des symboles de l’inconscient (eau, foret), du feminin "primitif" ai je lu aussi pour la foret, et puis la grotte (symbole uterin, la mère), puis les arbres et les couleurs (bleu symbole du processus du passage de l’inconscient à la conscience entre autre), (vert : couleur bienfaitrice espoir, renouveau, renaissance etc..), source, symbole du feminin et de l’ame...

Les mots ; breche, portail, passage, naissance, renaissance, contact, cordon lumineux (pour la deferlante d’eau) fluidité, vitalité energie bienfaitrice, me viennent à l’esprit.

Et c’est un peu comme si grace au processus de demystication, dont je suis temoin, la grotte nous avait renvoyés tous trois dans le monde, mais un monde Nouveau inconnu avec une conscience nouvelle, en commençant par la source symbole du feminin puis par la traversée d’une grande foret primaire.. Tout un programme ! Allons nous sortir transformés, des changements sont ils en train de se mettre en place..?

J’ai une dernière question pour moi-même ; quelle est la place du masculin dans tout ça.

Tout ceci est en vrac j’en ai bien conscience, car le masculin de ma mère, et celui de mon père, ajouté a mon impossibilité de m’identifier au féminin de ma mère a provoqué d’autre troubles, des vacuités internes, sur lequel j’espère mes prochains rêves se pencheront. Mais à chaque jour suffit sa peine ! Il faut déjà bien intégrer les résonances de ce rêve ci...


Que voulez-vous que j’ajoute ? Je vous écoute, et je pense que cela est suffisant.

Je souligne, ou plutôt résume, la logique du rêve : vous retournez voir Daniel, le temps passe et le rendez-vous est manqué, et c’est ce constat qui permet d’accéder à la source intérieure.

Ma mère à Montréal aurait été un joli titre aussi. En revanche, comme vous le soulignez, c’est un féminin très symbolique, c’est la Grande Mère que vous allez chercher au-delà de votre histoire personnelle, l’anima de Jung. Et une phrase le dit parfaitement, mêlant la symbolique du Ciel et de la Terre à celle du cordon maternel : "le haut du cordon d’eau est relié au bas".

Ce qui en découle : une circulation naturelle de l’énergie : "l’eau ne se jette pas elle circule", l’eau qui est là encore ici l’anima.

"Il y a tout un esprit là impossible à décrire avec des mots..." + "Je me laisse porter doucement par cette eau fraiche (...) tout mon corps baigne" = sentiment de plénitude car :
- le corps, le bas, l’inconscient, l’anima sont présents, porteurs,
- l’esprit, le haut, est aussi présent, un esprit relié, qui permet de ressentir et ne cherche pas à comprendre avec des mots.

Il fallait manquer quelque-chose (perte, castration, qu’importe le terme) pour accéder à autre chose. Votre titre ne mérite pas de point d’interrogation.