Signification rêve

L’oedipe dans les rêves

Le tableau L’origine du monde, de Courbet, est une représentation du sexe féminin. D’un point de vue symbolique, il est un hymne à la puissance féminine, et à son mystère.

Et pourtant, que ce soit sur les murs des cavernes, sur ceux des temples égyptiens, chez les grecs... le phallus a toujours été le symbole utilisé pour représenter la puissance. C’est à travers ce symbole que la phase oedipienne se comprend.

Avant l’oedipe chez le petit garçon et la petite fille

Vers l’âge de 3 à 6 ans environ, le petit garçon et la petite fille traversent une période d’évolution psychique décrite sous le nom de complexe d’Oedipe.

L’enfant sort alors d’une autre période, appelée le narcissisme, durant laquelle il a vécu :
- tout d’abord une toute-puissance prolongeant le temps utérin, toute-puissance entretenue par la tendresse des parents,
- puis petit à petit, une reconnaissance du monde extérieur, de l’altérité de la mère (dans un premier temps vécue comme prolongement de son propre corps), une reconnaissance du père...

Ce narcissisme est davantage traité dans un autre article de ce dossier. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’enfant, dans ses moments de solitude, se replie sur lui-même, et qu’une alternance entre moments de partage avec les parents et investissement de soi permettent un développement équilibré.

L’oedipe chez le petit garçon et la petite fille

Au moment de l’oedipe, le petit garçon aussi bien que la petite fille accordent au phallus une puissance symbolique qui représente le bien-être narcissique.

Ainsi, l’absence de phallus est comprise comme la perte de l’estime de soi, le pénis représentant l’amour que le sujet porte à sa propre image.

Or le petit garçon a peur de perdre le phallus, et la petite fille a le sentiment qu’elle n’a pas le phallus, et tous deux vivent donc l’effroi d’une perte narcissique, d’une perte de l’amour qu’ils ont développé pour eux-mêmes depuis leur naissance, dans leurs moments de repli sur eux-mêmes et dans leurs échanges tendres avec leurs parents.

C’est donc toute l’évolution antérieure qui est risquée par les pulsions œdipiennes, ce sentiment d’être une personne digne d’amour.

Or cette remise en cause est destinée à être dépassée, pour justement renforcer ces convictions premières, les confronter aux relations aux autres et parvenir à les maintenir malgré les aléas de l’environnement extérieur.

Malheureusement, le conflit œdipien est tellement complexe (d’où son nom) et implique tellement de personnages (l’enfant, la mère et le père, où leurs substituts, qu’importe) qu’il n’est jamais réellement résolu. L’enfant passe cette épreuve, c’est son histoire, sa vie, et des traces de ces conflits réapparaîtront peut-être, bien des années, plus tard, dans ses rêves.

Des processus inconscients

A noter que ces conflits oedipiens sont totalement inconscients. L’enfant n’est absolument pas conscient de ce qu’il vit. Le petit garçon n’a jamais réellement envie de coucher avec sa mère, ni la petite fille avec son père, cette idée est même une aberration, une projection d’adulte sur un âge de la vie où la sexualité n’est absolument pas présente comme elle le devient ensuite, durant l’adolescence notamment.

De plus, il faut rappeler que ce n’est pas le pénis qui est désiré où dont le manque est ressenti, mais le phallus. Le complexe d’oedipe ne parle pas de l’organe sexuel, mais intervient dans l’ordre du symbolique.

En réalité, le complexe d’oedipe n’existe pas ; il se passe quelque-chose c’est certain, une ambivalence qui permet la construction du psychisme, des pulsions opposées qui permettent d’intégrer la différence des générations, la place du petit enfant dans sa famille, et tout ce bazar difficilement compréhensible le devient davantage si l’on se réfère au mythe de Narcisse, et à la théorie psychanalytique du complexe d’oedipe.

L’oedipe chez le petit garçon

Le petit garçon se sent attiré par la mère, mais il craint alors les représailles du père, et donc la perte du phallus qui représente l’amour idéalisé su sujet pour lui-même.

Mais surtout, la crainte du petit garçon est de perdre l’amour du père, et de ne pas pouvoir s’identifier à lui, identification qui lui permet de se projeter dans le temps, d’espérer devenir comme lui, un homme.

Dans ces mouvements ambivalents d’attirance et de rejet, bien des situations réelles peuvent se présenter, et entraîner des conflits inconscients qui continueront à produire des effets bien après.

Par exemple, lorsque la paternité du père réel réactive chez celui-ci (de façon inconsciente toujours) un besoin de posséder totalement sa femme, comme il a envisagé de rester le seul objet d’amour de sa mère étant enfant, il pourrait considérer son enfant comme un rival, l’éloignant trop brutalement de sa mère, lui interdisant des relations tendre, alors que son rôle serait au contraire d’accorder à son enfant le droit d’être pleinement. A ce niveau, chez le petit garçon, on trouvera des relations oedipiennes non totalement dépassées, et les difficultés rencontrées à cet âge se répèteront dans sa vie, et dans ses rêves.

L’oedipe chez la petite fille

Pour la petite fille, le désir du père met en jeu la perte potentielle de l’amour de la mère.

De plus, la relation à la mère est complexifiée car cette mère idéalisée durant le narcissisme est découverte dépourvue de phallus. La mère devient décevante (inconsciemment et symboliquement).

Là encore, le comportement réel du père et de la mère sont essentiels :
- si la mère se trouve effectivement inconsciemment dépourvue du phallus, de pouvoir face à l’homme, alors la petite fille introjectera cette image de sa féminité,
- si la mère fait semblant d’avoir le pouvoir mais en réalité ne l’a pas, de la même façon la féminité ne pourra pas être correctement intégrée par la petite fille,
- si la petite fille ne s’identifie plus du tout au féminin de sa mère mais au masculin de son père (oedipe inversé), alors elle sacrifie sa féminité,
- si la féminité est vécue comme une force par la mère, alors la petite fille pourra de la même façon accéder à son pouvoir féminin,
- si la puissance de la mère est reconnue par le père, alors l’identification de la petite fille à sa mère se trouvera évidemment simplifiée.

Car voici la conclusion qui se dessine : la puissance féminine est évidente. C’est la mère qui détient la possibilité de porter et faire naître les enfants. Cette supériorité sur l’homme est à ce point évidente, aussi bien pour l’homme que pour la femme d’ailleurs, que peut-être, on peut imaginer que l’importance donnée au visible (le pénis, le phallus) permet d’éviter de se confronter à une puissance invisible (le sexe féminin, l’utérus, le tableau de Courbet).

Après l’oedipe : les rêves

Après la période de l’oedipe, le petit garçon et la petite fille accèdent à leur vraie position de vie, celle d’un enfant qui a trouvé sa place au sein d’une fratrie éventuelle, et dans des relations tendres avec ses parents.

A l’inverse, on peut imaginer bien des évènements qui vont s’engrammer et dicter au sujet des comportements inconscients qu’il répètera sans avoir pourquoi. Évidemment, le jeu oedipien reprendra au moment de l’adolescence, et un sujet peut modifier son comportement, notamment en prenant conscience de ce qui l’agit inconsciemment (c’est le but d’une thérapie et notamment de l’analyse de ses rêves).

Mais dans tous les cas, l’inconscient pourra représenter dans les rêves une situation présente, un conflit relationnel, une situation conjugale, une insatisfaction au travail... en reprenant pour base du scénario, des images proposées... le conflit oedipien. C’est pourquoi bien des rêves oedipiens sont effectués très régulièrement par les adultes. Les déchiffrer permet donc de comprendre à la fois : ce qui s’est joué à cette époque, et ce qui se représente actuellement. Ce sont ces deux questions que l’interprète d’un tel rêve doit poser en s’appuyant sur les éléments du rêve. Ce sont ces rapprochements que nous proposons dans l’interprétation de certains rêves proposés sur ce site.



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