Signification rêve

Du noir et blanc avant la fontaine

Rêve de fin avril 2014

Je suis avec un groupe de jeunes personnes. Je dis au groupe que l’une d’entre nous part à San Francisco au Lycée Carneto. Devant leur manque de reaction, j’ajoute : « Mais tu ne te rends pas compte, le Lycée Carneto !!! » Et je pense en moi-même « Cours de Théatre ! San Francicsco ! ». Je danse de joie, d’allégresse, je ressens un grand bonheur, un sentiment de liberté et de légèreté à l’idée que cette amie part la bas, mais une pointe de tristesse aussi, que je ressens nettement, qui pourrait me faire pleurer, car j’aimerais tant pouvoir y aller moi aussi au Lycée Carneto à San Francisco ! Pourquoi est ce que je ne dis pas que moi aussi je voudrais y aller. Pourquoi ne pourrais je pas y aller la bas, moi aussi ?

Je monte 4 à 4 avec toute une foule jeunes gens un escalier large à forte pente, nous sommes heureux, victorieux, on se dit en montant « We got it ! » comme si nous avions réussi un examen, un passage. Une grande fête est organisée pour fêter l’événement (lequel ?). Mais le personnel du lycée veut l’empêcher. Ils veulent empêcher les jeunes d’exprimer leur joie. Alors, on donne des choses aux jeunes pour qu’ils restent calmes. Je vois la file des jeunes, immobiles, qui attendent leur tour devant un homme assez corpulent et sévère qui leur distribue quelque chose. Je double la file sur la droite et en dépassant l’homme je lui dis « Non merci ». Puis je me dirige vers un escalator qui monte sur la droite comme dans le métro.

Je suis avec une jeune fille qui est derrière moi et je lui dis : tu vas voir c’est magnifique ! Je suis heureuse d’être là et j’ai hâte d’entrer. Je me faufile entre deux immenses dalles ou monolithes gris foncé/noir. Le passage est très étroit.

A l’intérieur, nous nous arrêtons, saisies. Sur la gauche, un plan de grandes dalles noires et blanches, un damier immense... Il y a des colonnes que l’on devine dans la pénombre tout le long de chaque coté, dont je n’en vois pas ni le bout, ni le plafond. C’est vide, aucun objet, silencieux, immobile, éternel. La lumière est indirecte, d’où vient elle ?, il y a comme de petits scintillements argentés magiques, qui flottent dans l’air. L’endroit nous inspire un sentiment profond, presque religieux, de paix, de beauté, de mystère... un sentiment d’émerveillement nous traverse, j’ignore pourquoi. Cet endroit m’attire... Le mot Temple me vient à l’esprit.

J’entraine la jeune fille sur la droite, nous traversons d’autres plans, nous poursuivons et nous arrivons à un plan similaire au premier, sur dallage noir et blanc, à la différence qu’il est plongé dans une belle couleur orangée, et qu’il y a une fête. Il y a beaucoup de personnes bien que je n’en vois pas une en particulier. Nous passons devant une haute statue antique, blanche, elle est belle et noble, il y en a d’autres je crois, bien que son expression soit figée comme le sont celles des statues. Je me souviens du mot fontaine aussi.

C’est très animé et nous sommes pleines d’entrain, nous nous melons à la foule et nous dirigeons vers un stand pour prendre quelque chose.
Au stand, je me retourne et je vois que d’un groupe de jeunes hommes, l’un d’entre eux me regarde avec insistance. Je ressens une lassitude, du flirt, en moi, pas de résonance, si ce n’est de la tristesse, mêlée d’une pointe d’amertume, une interrogation silencieuse et douloureuse intérieure. Ces histoires finissent toujours pareilles. Je me détourne.

Le plus beau moment est lorsque nous nous sommes faufilées et sommes arrivées dans le premier plan de cet endroit, qui se dissimule en partie, mystérieux, je me demande pourquoi nous ne sommes pas aller explorer par là d’abord, car le sentiment éprouvé était nourrissant, apaisant... c’était un émerveillement, une joie silencieuse en nous et profonde, devant l’indicible, ce qui ne saurait être nommé puisque c’est inconnu...

L’autre espace plongé dans l’orangé était superficiel, et finalement, il n’y avait rien qui vaille la peine de s’y attarder. C’était une autre joie, certes, mais qui est gâchée par l’éphémère comme le sont les joies terrestres, une joie accompagnée de sa cohorte de déceptions, d’échecs, de renoncements, de désillusions. Finalement, une joie factice, artificielle. Qui ne nourrit pas. Il doit y avoir quelque chose de plus grand que l’amour entre un homme et une femme, et qui ne déçoit pas.

Quant à l’accès à cet espace, les monolithes sont comme deux plaques de granit ou d’un matériau indéfini, dressées un peu comme sur cette photo. Je n’en vois pas le contour dans mon rêve, on peut juste deviner qu’elles ne sont pas que deux.


Suite à la première lecture de ce rêve, j’avais ajouté le mot gris au titre que vous lui aviez donné. Le gris apparaît effectivement, mais surtout il permet de souligner l’atmosphère à un moment du rêve. Et pourtant vous avez raison, c’est surtout le contraste entre le noir et le blancqui donne son sens au rêve.

Au début, c’est le temps du lycée, et même du "Lycée Carneto à San Francisco", le temps des possibles. Mais aussi peut-être de la réussite matérielle ? Dans tous les cas vous dites « Non merci » à cela (à l’homme qui joue le rôle de contrôleur). Peut-être pour une question d’age, de maturité, ce n’est plus ce qui vous motive dans la vie.

Vous préférez vous aventurer vers d’autres horizons. Et c’est là que mon interprétation, dans un premier temps, diverge de vos sensations ("émerveillement, une joie silencieuse"). En effet, l’endroit où vous vous aventurez me semble très figé, si l’on considère les symboles :
- monolithes,
- gris,
- colonnes,
- le vide ("je n’en vois pas ni le bout, ni le plafond. C’est vide"),
- la statue dont vous décrivez l’expression comme figée.

Mais ce figé peut être aussi compris comme le hors du temps, l’intemporel. Et il me semble que cette signification corresponde davantage à l’énergie positive ressentie durant le rêve. A ces valeurs intemporelles et énergétiques correspondent alors :
- le temple,
- les colonnes, mais en retenant dans cette chaîne symbolique leur puissance, leur verticalité,
- les monolithes peuvent maintenant être vus comme les gardiens de l’entrée étroite (rappelant une naissance...) qui permet d’accéder à :
- la lumière,
- et enfin la fontaine.

Et restons sur cette fontaine, juste évoquée, qui ne trouve d’ailleurs pas bien sa place dans la description faite, ce qui renforce d’autant la puissance de ce symbole car elle n’est pas ici par hasard. Cette fontaine entre en résonance avec la lumière. La fontaine est la source d’eau vive, mais dans ce rêve on peut même la comprendre comme le centre, le Soi.

Vous vous approchez dans ce rêve à la fois de valeurs spirituelles et à la fois de l’éternel, de l’immuable : pour Jung il s’agirait d’approcher la notion d’inconscient collectif.

Et après cette vision, le ressenti de cette énergie qui ouvre à l’Autre, il y a la déception d’un flirt, d’une relation superficielle, d’un retour à ces relations superficielles qui existent peut-être aussi entre ces étudiants au début du rêve. Dans tous les cas le contraste entre ces deux niveaux de relation est soulignée par le blanc et noir, les deux couleurs associées venant marquer les contraires.

Pour expliquer cette déception finale, une citation prise d’un livre de Marie-Laure Colonna, psychanalyste jungienne, qui montre l’attente que l’on peut espérer dans sa relation aux autres passé un certain stade de développement personnel, suite à la perception d’un autre centre que le Moi : "Il y aura alors création d’une dialectique entre le moi et le Soi, d’une axe moi-Soi, où chacun des deux centres et des deux systèmes de valeurs trouve son équilibre. Mais le pôle du Soi, passée la phase première d’introversion, pourra ensuite être ressenti tout autant dans le lien à l’autre et au monde que dans la relation aux figures internes". Cette recherche d’un autre aussi riche que ses figures internes passe forcément par des déceptions...



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