Signification rêve

Serpent

Quelle définition donner au symbole du serpent ? Aucune, il faut l’espérer. Car comment un symbole aussi fréquent que le serpent pourrait être cerné dans une simple définition.

D’où, pour expliquer l’apparition d’un serpent dans un rêve, le choix de présenter des extraits d’ouvrages permettant de bien comprendre la complexité du symbole, le sens des rêves qui le contiennent (où sont contenus par le symbole du serpent d’ailleurs).

Le serpent pour Paul Diel

Notre dictionnaire des rêves selon Paul Diel donne au serpent le rôle de symboliser la vanité. C’est la vanité qui tente Adam, et c’est la vanité qui conduit vers la fausse motivation.

Toute cette logique est détaillée dans notre dossier consacré à Paul Diel, il trouve ici toute son importance, et le symbole du serpent est central dans cette théorie de la vanité.

Le serpent sexuel

Le serpent est un symbole du phallus. Bon. Donc un symbole masculin ? Si les rêves le confirment, pourquoi pas...

Mais pour Jung, et pour bien d’autres, le serpent est au contraire un symbole féminin, celui du principe séducteur en la femme. Comment expliquer autrement le serpent de la Bible ?

Dans l’antiquité, le serpent devint aussi le symbole de la terre qui de son côté fut toujours conçue comme féminine.

Et dans cette logique de la nature féminine du serpent, celui-ci représente l’anima, terme défini par Jung, l’anima étant l’archétype de la vie (le symbole universelle de la vie).

Numen de la métamorphose

Jung, dans son livre Métamorphose de l’âme et ses symboles, ajoute que, si le serpent est symbole de vie, il est davantage encore la représentation d’une poussée de vie, qui contraint le sujet à la métamorphose, à une transformation intérieure sur le chemin de son individuation.

"Le serpent symbolise le numen (numen signifiant une injonction, une volonté, une puissance agissante, attribuée aux dieux ou à l’inconscient chez Jung, à la fonction transcendante) de l’acte de métamorphose en même temps que celui de la substance métamorphosée.

Cette symbolisation est celle retenue par les alchimistes.

L’image du changement germe dans l’inconscient et fait face à la conscience dans des rêves et des pressentiments. Plus la conscience met de mauvaise grâce à entendre cette annonce, plus deviennent défavorables et angoissants les symboles par lesquels elle se fait sentir. Le rôle que joue le serpent, symbole d’angoisse dans les rêves, est loin d’être insignifiant. A cause de son venin, son image apparaît assez souvent dans les rêves comme premier symptôme de maladies corporelles. En général il traduit une anormale animation de l’inconscient ainsi que les symptômes physiologiques qui y sont joints.

Chacune des interprétations est naturellement, comme toujours, sous la dépendance de toutes sortes de circonstances individuelles et doit être modifiée en conséquence. Pour la jeunesse, elle signifie peur de la vie, pour la vieillesse, au contraire, peur de la mort."

Dans tous les cas par conséquent, un rêve de serpent doit trouver une interprétation, aboutir à une direction vers laquelle le sujet doit se diriger pour vivre en accord avec ses forces pulsionnelles dont l’énergie est source de vie, de transformation, mais peut aussi se révéler dangereuse lorsqu’elle ne trouve à s’équilibrer avec d’autres énergies, et avec la conscience.

Jung place donc le serpent au centre du processus d’individuation, comme représentant de l’énergie qui permet ce processus (la fonction transcendante). A noter que ce symbole prend dans sa théorie une force exceptionnelle, comme chez Paul Diel.

Adam et le serpent

Nicole Jeammet, dans "la haine nécessaire", mentionne la symbolique du serpent dans un texte consacré aux énergies contraires qui doivent s’équilibrer en chacun, en particulier l’amour et la haine, notamment dans la relation entre la mère et son bébé. Cet équilibre des contraires, des paradoxes de forces opposées, est au centre de son ouvrage, et le serpent apparaît là.

"Si nous n’arrivons pas à faire de toutes les forces antagonistes (l’amour et la haine) des paradoxes, dans une tension qui intègre l’autre en nous, pour sans cesse le reconfronter à l’autre hors de nous, nous libérons, en privilégiant une des forces au détriment de l’autre, des énergies mortifères en nous et dans le monde.

Ces énergies innommées sont sans visage et sans liens, ayant été extériorisées telles, pour soulager le moi. Adam ainsi au Paradis terrestre, nomme-t-il tous les animaux qui lui seront soumis et qui habitent le jardin (ce sont les forces conscientes que nous avons maîtrisées en les nommant nous-mêmes) mais il y aura le serpent anonyme qui viendra des champs non cultivés, vers le jardin d’Eden...

Ces forces inconscientes ne prospèrent pas seulement en fantasmes dans un lieu clos, elles viennent comme le serpent infiltrer les jardins cultivés, où elles agissent et font agir.

Or celui qui ne prend pas conscience de sa réalité psychique, l’agit alors forcément dans les autres : il utilise l’environnement pour régler à l’extérieur de lui ses tensions, à l’extérieur de lui voulant dire au détriment de la place et de l’existence des autres.

Ne tenant pas notre place dans notre univers relationnel, nous empêchons l’autre de trouver la sienne."

On retrouve donc ici une symbolique du serpent qui représente les énergies inconscientes non reliées, qui agissent librement à travers l’individu, qui utilise alors son environnement pour trouver l’équilibre qu’il ne peut trouver en lui-même, et ce au détriment de ses proches, de ses collègues de travail, de ses amis... Par exemple, celui qui, pour combler son narcissisme défaillant, va développer son instinct de pouvoir à l’extérieur de lui-même, dans son travail, dans sa famille, devenant bien vite tyrannique. On retrouve ici la définition du névrosé selon Paul Diel.



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